Dans le cadre de sa mission éthique, la CNIL publie, avec la CNCTR, son cahier air2024 à la suite du colloque du 19 novembre 2024 sur le thème de la surveillance. Il reprend les interventions sous la forme d’entretiens et de témoignages.
En 2013, Edward Snowden révélait la surveillance massive pratiquée par les services de renseignement aux États-Unis et en Europe. Aujourd'hui, avec l'essor des technologies et de l'IA, la surveillance est omniprésente, exercée par tous, et fait partie intégrante de nos vies connectées. « Big Brother » a évolué vers « Big Other » où chacun est à la fois surveillant et surveillé. Les outils numériques, tout en pouvant servir de contre-pouvoir, renforcent également la surveillance de masse et peuvent affaiblir nos libertés. La faille de sécurité de l'application Strava, qui a permis de suivre les déplacements de dirigeants mondiaux, illustre les risques associés à l'utilisation des données personnelles. Shoshana Zuboff décrit ce qu'elle nomme le « capitalisme de surveillance », un modèle où les données personnelles sont monétisées, entraînant une perte de vie privée.
Surveillants mais aussi contrôlés, les services de renseignement français agissent, en France, dans un cadre juridique défini par la loi. Ils sont ainsi soumis à des contrôles de leurs activités par diverses instances dont la CNCTR qui exerce une action continue de contrôle sur l’utilisation des techniques de renseignement, permettant d’assurer une transparence sans révéler les méthodes opérationnelles. Ce contrôle est essentiel et participe activement à la fonction de « tiers de confiance » vis-à-vis du citoyen, dans la mesure où la CNCTR rend compte de son activité. Pour être effectif, ce contrôle repose également sur un dialogue technique avec les services permettant à la fois de mieux appréhender les évolutions technologiques en matière de surveillance et d’en tirer les conséquences tant en matière de respect du cadre légal, que déontologique ou éthique.
Tous surveillants, tous surveillés… mais par qui ? D’un monopole de la surveillance au profit des États à une surveillance protéiforme, quelle éthique pour les surveillants pour protéger nos libertés ?
Toutes ces questions ont fait l’objet de débats passionnés et passionnants lors de l’événement air2024.
Vous pouvez désormais en consulter la synthèse dans les cahiers air2024, mais aussi les revivre en regardant la rediffusion en ligne.
Souhaitant partager les travaux et débats conduits lors de l’évènement de novembre 2024, la CNIL et la CNCTR publient aujourd’hui le cahier air2024 « La surveillance dans tous ses états. Quelle éthique pour (protéger) nos libertés ? », qui reprend les grands axes de l’évènement :
Ce cahier s’adresse à tous, qu’il s’agisse du grand public, des professionnels, des chercheurs, ou encore des pouvoirs publics.